#Explociné : Cités perdues/ Les villes englouties

#Explociné : Cités perdues/ Les villes englouties

Civilisation hyper avancées, pouvoirs magiques, trésors rutilants, invention du langage voire même véritables visites extra terrestres, la liste est très très longue lorsqu’il s’agit des suppositions qui entourent les cités englouties. 

L’Atlantide en figure de proue, les villes submergées ont la cote mythiquement parlant. Si l’archéologie sous marine a permis de mettre au jour des sites de toute beauté (Heracleion, Atlit Yam ou encore Olous) sans trace pour le moment de la fameuse cité, le mythe ne fait que se renforcer à chaque découverte. 

Le mystère atlante 

Située au delà des colonnes d’Hercule (aka le Détroit de Gibraltar) par Platon, la cité atlante déchaîne les passions. Platon, qui le premier en fait mention, décrit une “immense puissance qui marchait insolemment sur l’Europe” et situe sa chute vers 9500 avant JC. Il développe ainsi dans ses dialogues du “Timée” et “Critias”, une cité empire qui sous le patronage de Poséidon aurait repoussé ses frontières de la Libye jusqu’à l’Egypte et de l’Europe à la Tyrrhénie. La cité aurait été engloutie, selon la traduction la plus répandue, sous la mer en très peu de temps sans laisser aucun survivant. Chacun y va depuis de sa théorie et traduction. Les légendes vont également bon train. Les richesses atlantes sont elles encore sous la mer à attendre d’être remonté ?

A mesure que les siècles passent, la ville demeure toujours introuvable et les mythes se colorent d’hypothèses toute plus inventives les unes que les autres. Comment se fait-il que la ville est toujours introuvable et comment ont-il pu réunir un si grand empire ? Ont-il fait usage de la magie ? D’une technologie extra-terrestre ? 

Des oeuvres pas si mythiques 

Autant d’hypothèses qui éveille les curiosités et pas seulement des Lara Croft du dimanche. Les auteurs, peintres et autres scénaristes y ont plongé à coeur joie. Des séries de romans, des personnages de comics voire même des séries télé lui sont consacré ou en font mention. Le cinéma, quant à lui, est un peu plus pauvre quant aux occurrences de ces cités sous marines légendaires. Outre le long métrage animé de Disney “Atlantis: the lost empire” sorti en 2001, on en retrouve, en effet, que peu d’exemple atlante ou non. Si celui ci a marqué les esprits d’une grande partie de la génération de cette époque et que les cours de récréation ont fleuri de répliques (plus ou moins réussies) de “collier de cristal atlante”, il n’a néanmoins pas eu l’impact d’un “Belle et la Bête” dans le coeur du public. Sans doute trop éloigné du classique conte de fées. Il a néanmoins participer, à mon sens, de ce mouvement entamé par la firme avec Mulan (Tony Bancroft & Barry Cook) en 1998 d’ouverture quant aux sujets traités, les personnages retroussant les manches de leur robes à froufrous. 

L’Atlantide reste donc un mystère à creuser tant du côté archéologique qu’artistique. 

. l’Atlantide, l’empire perdu, Gary Trousdale, 2001


. L’Atlantide, Jacques Feyder, 1921


. L’Atlantide, Georges Wilhelm Pabst, 1932 


Abyss, James Cameron, 1989

#Explociné: Robinson/ L’appel des profondeurs

#Explociné: Robinson/ L’appel des profondeurs

A mesure que l’homme s’aventure aux confins de son environnement, l’aventure prend une toute autre dimension. Il s’élargit. Outre les îles et jungles lointaines, il s’aventure désormais au coeur des profondeurs abyssales ou même dans le (pas si) vide cosmique. Maintenant que la surface terrestre est cartographiée dans son intégralité ou presque, c’est un autre type d’’infini qui attire désormais les explorateurs. Sous marin et autres vaisseaux spatiales sont maintenant les nouveaux radeaux, quand ce n’est pas la prison déserte, elle même. L’exploration tant de l’infiniment haut tout comme l’infiniment profond est encore assez jeune et les deux regorgent encore de mystères. Si l’on retrouve donc les classiques zones non cartographiées, environnement hostile et population indigène aux coutumes intriguantes (quand indigènes il y a), ces éléments se mêlent ici aux questions à caractère principalement scientifique relatives à ces nouveaux terrain de jeu.

Dans ces nouveaux espaces, l’environnement est encore si difficilement vivable pour l’homme (voire mortel tout simplement) qu’il est obligé d’utiliser la machine pour s’y déplacer. L’aventurier ou le groupe se retrouve donc souvent dépendant de la machine mais aussi confiné(s) dans l’espace réduit de leur vaisseau/sous marin. Là où le Robinson insulaire pouvait se déplacer tout de même plus facilement et bénéficiait d’une vie à l’air libre, ici s’ajoute le souci du confinement. Celui ci affecte ainsi la santé mentale des protagonistes et joue avec leur survie. On se rappelle tous le syndrome des profondeurs du Lieutenant Hiram Coffey dans le Abyss de James Cameron (1989). Outre la forte résonance avec des événements récents, il s’agit ici également d’interrogations nécessaires lorsque l’on sait que très peu des univers nouvellement explorés conviennent à notre métabolisme. Vie confinée ? Dépendance totale ou partielle à la technologie ? Voyages à la vitesse de la lumière ? Respiration liquide ? Que nous réserve donc ces mondes ? 

Le film confiné fait également ressortir les dissensions politiques de son époque. Le soviétique Octobre rouge (John McTiernan, 1990) ou encore les jeux de pouvoir autour du sauvetage de Mark Watney (Ridley Scott, 2015) révèle ce qui se cache à même la surface. L’explorateur découvre ainsi non seulement des contrées lointaines mais permet également la révélation mais aussi, parfois, la construction d’un monde nouveau. 

Sélection de nos aventures confinées préférées : 

Abyss, James Cameron, 1989 

https://www.youtube.com/watch?v=-pAyVK9Ay9I

Seul sur Mars, Ridley Scott, 2015 


Kursk, Thomas Vinterberg, 2018 


Octobre Rouge, John McTiernan, 1990 


Le Chant du Loup, Antonin Baudry, 2019 

#Explociné: Happy pride (3/3)/ John Waters et la divine provocation

#Explociné: Happy pride (3/3)/ John Waters et la divine provocation

Aussi appelé par la presse, “The Prince of Puck” (FR: Le prince du vomi), le réalisateur John Waters est une figure indétrônable du cinéma. 

Né aux alentours de Baltimore en 1946, il  s’est fait connaître par ses films et son attitude résolument provocatrice. Attitude qu’il cultive depuis son enfance dans une école catholique qui forgera son humour corrosif et dénonciateur. Ouvertement gay, il n’hésite pas à parler crûment à l’antenne au grand dam des présentateurs et autres producteurs qui ont bien du mal à le contenir. 

John Waters, le ver dans la pomme hollywoodienne 

Impossible d’oublier un film de John Waters ! D’abord cinéaste underground, faisant débat au sein même des communautés marginales qu’il défend, il est désormais reconnu comme un grand artiste. Il fait aujourd’hui parti des grands de ce monde qu’il a tant déconstruit. La plus grande des ironies pour le citer directement. Le réalisateur insiste cependant “Je n’ai pas changé. La société, oui” (discours de remise des diplômes de l’école de design de Rhode Island, 2015). Une société qu’il n’a cependant de cesse de questionner à coups d’humour cru voire très (très) cru. C’est donc à base de snuff movies qu’il dissémine (plus ou moins) discrètement son indignation et ses uppercuts sociétales. Pink Flamingos (1972), Female Trouble (1974) ou encore Desperate Living (1977) sont ainsi le cri de la communauté underground, ceux que l’on nomme les “freaks”. Point de maître cérémonie ici, les monstres choisissent ici eux-mêmes leurs numéros de cirque. Un seul objectif: pousser le concept de dégoût à son maximum. 

Divine et le contre pouvoir de l’artiste 

La Water touch c’est l’excès dans tous les domaines mais surtout du mauvais goût. Le réalisateur, d’ailleurs, s’en revendique. La caméra est son arme et le trash, sa munition. Le tout doit être enrobé de suffisamment d’humour et de second degrés. “Rappelez vous, si vous arrivez à faire rire un idiot, au moins vous l’aurez fait écouter avant qu’il fasse quelque chose de stupide”, explique-t-il pendant son discours aux diplômés 2015 de l’école de design de Rhode Island. 

Le réalisateur, par l’invraisemblance des situations qu’il s’agisse d’une drag queen qui se viole elle même, de trafic humain ou de l’envoi d’excréments par la poste , montre l’invraisemblance du rejet de situations qui sont, de fait, minimisées (ex: l’homosexualité, le travestissement…). 

La violence avec laquelle on brise les codes à l’écran se nourrit ainsi de la violence qu’ont subit ses communautés et surtout de leur colère accumulée. 

La drag queen Divine, aka Glenn Milstead (1945-1988), est d’ailleurs l’incarnation de cette colère. Jeune homosexuel martyrisé et solitaire lorsqu’il rencontre John à l’école, il se métamorphose à l’écran en un personnage rocambolesque et haut en couleur. Il apparaîtra dans presque tous les films du réalisateur et deviendra une figure du monde de la nuit et des milieux queer, jusqu’à sa disparition brutale en 1988 des suites d’une fibromyalgie . 


Pour entrer dans le monde de John et de ses dreamlanders (nom donné à son équipe), petite sélection des grands classiques qu’il faut avoir vu au moins une fois:  

Attention : Ces films sont, pour la plupart classés violent, obscènes et autres joyeusetés. A ne pas mettre sous toutes les paires d’yeux. 

. Pink Flamingos (1972) 


. Hairspray (1988) 


. Cry baby (1990) 


. Polyester (1981) 

#Explociné: Happy Pride (2/3)/ God saves the (Drag) Queens !

#Explociné: Happy Pride (2/3)/ God saves the (Drag) Queens !

Est il besoin de définir ce qu’est une drag queen au temps de Rupaul’s et du succès de sa Drag Race ? Un peu oui ! Il existe encore tant de clichés et d’incompréhension autour de ces queens. 

Une queen donc est un homme ou une femme (même si homme plus médiatisé) qui crée une identité féminine basée sur des archétypes féminins extravagants à la manière d’un jeu de rôle. Il convient toutefois de les différencier du français “transformiste” (en: female impersonator) qui va le plus souvent parodier des célébrités. La drag queen, au contraire, va créer toute une identité spécifique à son personnage le plus souvent à but de divertissement comique. 

Make up, couture, danse et lip sync sont les bases de la discipline. Le plus important, toutefois, est l’attitude et la personnalité ! La drag queen est là avant tout pour le show. 

L’un de ses représentants les plus célèbre est l’américain Rupaul. Icône aux USA, il chante, il fait le show et surtout il professe la liberté d’expression et le self love. L’interprète de Cover Girl use ainsi de sa voix et de son influence depuis 2009 avec la fameuse émission Rupaul’s drag race (disponible sur Netflix) qui met en compétition des queens de tous horizons.  Le programme a d’ailleurs remporté 3 Emmys (2017, 2018 et 2019) dans la catégorie “Meilleure émission de compétition/ télé réalité”. 

Le Drag, au même titre que le voguing, est un art inscrit dans l’ADN de la culture LGBT même si elle s’étend de plus en plus grâce à une médiatisation croissante (merci Rupaul). 

A l’écran, les queens sont bien présentes. Qu’il s’agisse de rôles de figuration ou du centre de l’intrigue et si elles n’axent pas toujours leur discours sur le militantisme, leur caractère comique et libéré bouscule les codes. 

Kinky Boots, Julian Jarrold (2005) 


The Rocky Horror Picture Show, Jim Sharman (1975) 

https://www.youtube.com/watch?v=5KM6KsvLzow

Priscilla, folle du désert, Stephan Elliott (1995) 


Cherry Pop, Assaad Yacoub (2017) 


Hurricane Bianca, Matt Kugelman (2016) 

#Explociné : Happy Pride (1/3): Voguing at the ballroom

#Explociné : Happy Pride (1/3): Voguing at the ballroom

Couverture : Climax, Gaspar Noé (2018)

Danse née dans les années 70 dans les clubs gays et trans aux USA. Elle a notamment connu son apogée à New York dans les années 80. Arrivée quelques dizaines d’années plus tard en France. Le mouvement est encore aujourd’hui extrêmement populaire et s’étend à d’autres strates sociales grâce aux artistes qui continue de s’en inspirer et de le faire vivre: Kiddy Smile (lequel a d’ailleurs joué sur le perron de l’Elysée, rien que ça) par exemple mais surtout Madonna et son “Vogue” qui a permis de faire connaître cet univers au grand public… 

Le principe est simple : danser en reproduisant des mouvements inspirés des poses des mannequins et principalement du magazine Vogue des années 60’s. Au fil des années, le répertoire et le vocabulaire s’est diversifié. On retrouve principalement des termes anglophones, héritage de la scène new yorkaise, comme le Death Drop, le peeling… 

Vous retrouverez d’ailleurs un petit lexique by la Gaïté Lyrique par ici : https://gaite-lyrique.net/article/do-you-speak-voguing 

Historiquement, les danseurs se regroupent en “houses”. Lesquelles portent la plupart du temps des noms inspirés des grands couturiers et marques de luxe. Ces houses dirigées par un “Père” ou une “Mère” s’affrontent au cours de “ball”. Celle ci permettaient (et permettent encore) à la communauté LGBT et surtout la communauté noire et latino LGBT de se rassembler, d’échanger et de revendiquer une identité communautaire. 

Si elle décline un peu au cours des années 1990 (notamment en raison de l’épidémie du sida qui a énormément impacté la communauté tant médicalement que dans l’opinion publique), elle n’a pas disparu totalement et revit aujourd’hui grâce à de nouveaux adeptes parfois même sans revendications particulières. Le voguing est cependant inséparable de son contexte social et historique. Elle crée un univers et un lieu d’empowerment et d’expression de toute une communauté. 

Si la culture Vogue est de plus en plus représentée au cinéma (mais pas que), il s’agit souvent de clins d’oeil, de quelques mouvements par ci par là. Encore un peu discret mais bien présent ! On vous a tout de même préparer une petite sélection des films qui mettent en avant ou qui tourne autour de cette ballroom scene : 

Port Authority, Danielle Lessovitz (2019) 


Paris is burning, Jennie Livingstone (1991) 


Kiki, Sara Jordenö (2016)


Fabulous, Audrey Jean Baptiste (2019)