#Explociné: Extraterrestre/ La rencontre

#Explociné: Extraterrestre/ La rencontre

Même si notre passion première avec les extraterrestres a toujours été de les combattre et de leur donner l’image d’envahisseurs exorcisants notre peur de l’autre, très vite nous avons également voulu les rencontrer de manière pacifiste.

Vu sous un autre jour, les aliens deviennent alors une civilisation toujours plus avancée que nous mais surtout bienveillante à notre égard. La rencontre avec les êtres venus de l’espace se transforment alors en opportunité de s’élever sous tous les plans.

Le jour où la Terre s’arrêta, Robert Wise, 1951

https://www.youtube.com/watch?v=y5sBiliznTk

Une soucoupe volante atterrit à Washington D.C. Klaatu, un extraterrestre et son acolyte robotique Gort sortent du vaisseau, et sont accueillis par l’armée américaine. Ils se font tirer dessus et, blessé, l’extraterrestre se retrouve à devoir fuir. Il prend forme humaine et se cache chez une famille. Sa mission ? Délivrer à la Terre un message qu’elle n’est peut-être pas prête à recevoir…

Le jour où la Terre s’arrêta est devenu un film culte, et est considéré comme l’un des premier grand chef d’oeuvre de la science fiction. L’originalité est que le personnage principal est l’extraterrestre et non un humain, et qu’au lieu de venir pour nous décimer, ils viennent nous avertir. 

(Attention, spoiler !) En effet, le message de Klaatu se révèle être ce-dernier : toutes les races de l’Univers se rassemblent sous une seule et même Fédération. Ils sont venus proposer à l’Humanité d’être des leurs, mais ils sont surtout là pour intimer aux êtres humains d’être moins violents… Sinon nous risquons une destruction certaine. En période de Guerre Froide et quelques années après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, cette fiction tout public ose délivrer un message de paix certes, mais une forme d’avertissement silencieux : avec ou sans l’intervention extraterrestre, l’escalade de notre violence pourrait très bien causer notre extinction.

2001, L’Odyssée de l’Espace, Stanley Kubrick, 1968

Arthur C.Clark, auteur de science fiction, écrivit d’abord une nouvelle : La Sentinelle. Elle servit de base au projet que lui et le réalisateur américain Stanley Kubrick allait mener ensemble : l’écriture parallèle du film 2001, L’Odyssée de l’Espace et du roman du même nom.

Le début du film nous amène au début de l’Humanité, lors de l’apparition du mystérieux monolithe, grand rectangle noir, au milieu de nos ancêtres australopithèques. Des millénaires plus tard, en 2001, la même chose est déterrée sur la Lune, et émet une onde radioélectrique vers Jupiter. Une mission de deux astronautes y est envoyée, mais ces-derniers n’ont aucune idée du véritable but de leur voyage. Avec eux, l’ordinateur central, HAL, doté d’une intelligence artificielle qui posera problème…

Il n’est pas nécessaire de présenter à quel point ce film est culte et considéré comme un chef d’oeuvre grandiose du cinéma de science fiction, et du cinéma tout court. 2001 n’a pas de protagoniste principal que l’on suit du début à la fin du film, si ce n’est l’Humanité toute entière. En effet, ce film raconte notre quête en tant qu’espèce, notre évolution de l’aube de notre existence à un futur dans les étoiles.

Les extraterrestres sont une forme de vie supérieure à la nôtre. Ils déposent le monolithe à des moments et des lieux précis, pour déclencher le passage à l’étape suivante de l’évolution. Ils sèment ainsi des civilisations, les amenant à grandir, à voyager.

La rencontre ici se fait par l’intermédiaire de cet étrange outil, venu nous donner l’impulsion d’avancer. Nous ne rencontrons jamais ces semeurs de monde en chair et en os, tout contact de cette sorte serait impossible car comment appréhender une forme de vie qui n’a rien à voir la nôtre ? H.P.Lovecraft disait que les créatures de ses mondes imaginaires n’étaient pas visibles et compréhensibles par le cerveau humain, et il en est de même pour les extraterrestres.

Expérimental, 2001 a souvent fait froncer des sourcils par sa fin, ou même sa longueur. Mais il s’agit bien d’une épopée à échelle spatiale, traversant les âges et les planètes, qui nous amène à repenser à notre Histoire et à notre place dans l’Univers.

Rencontres du Troisième Type, Steven Spielberg, 1977

Dans l’Indiana, pendant une coupure d’électricité, Roy Neary aperçoit une une soucoupe volante. Dès lors, lui et les autres témoins de l’évènement sont hantés par ce souvenir et d’autres visions d’une montagne inconnue. Il cherche alors absolument à découvrir la vérité derrière ces phénomènes mais le gouvernement impose le silence. De son côté, le scientifique Claude Lacombe enquête sur des faits absurdes : des avions de la Seconde Guerre Mondiale retrouvés en état de marche, un cargo découvert au milieu du désert de Gobi…

ll s’agit peut-être d’un des films les plus personnel de Steven Spielberg. Il a, en effet, réécrit les trois quart du scénario, à l’origine rédigé par Paul Schrader. Son intention était de raconter l’histoire d’un contact extraterrestre non pas du point de vue d’un militaire ou d’un scientifique, mais d’une personne « lambda ». Le personnage du film, père de famille maladroit, est abandonné par sa femme et ses enfants à cause de son obsession pour ses visions. La figure du père absent et séparé est un archétype du cinéma de Spielberg qui donne à cette histoire d’extraterrestre un nouvel angle d’attaque.

Venus dans un but heureusement bienveillant, la rencontre avec ces êtres se fait à travers les yeux de celui qui pourrait être notre propre parent ou ami et nous plonge davantage dans l’expérience.

E.T., Steven Spielberg, 1982

Trois enfants découvrent et se prennent d’affection pour un petit extraterrestre qu’ils hébergent en secret chez eux.

Film culte de notre enfance, c’est un autre classique de Steven Spielberg que nous citons. Encore une fois, le réalisateur s’est éloigné du schéma de la rencontre entre un groupe de scientifiques et militaires, pour établir le lieu de l’action dans le jardin d’une modeste famille. Ici, pas de grand message pour l’Humanité, pas de vaisseau spatial à prendre ni d’élévation vers un stade supérieur. En revanche, un sublime film sur l’amitié et la famille, rythmé par la composition de John Williams. Lorsque le gouvernement débarque, c’est dans des blouses blanches menaçantes, pas en héros. Car ET l’Extraterrestre n’est pas venu dans une grande soucoupe pour nous anéantir ou nous tendre la main, il s’est perdu, oublié par les siens. 

À l’instar de l’oeuvre précédente, c’est un film extrêmement personnel pour Spielberg qui le considère comme son projet le plus intime. Enfant solitaire fan d’ovnis, il s’était créé un ami imaginaire qui servit d’inspiration au plus célèbre des extraterrestres. ET est donc plus un film sur l’enfance et la solitude, c’est plutôt le lien parfois maladroit entre enfants et adultes, qu’un film d’extraterrestre pur et c’est sans doute ce qui l’a fait sortir du lot : nous nous sommes tous vus en les jeunes héros, et nous avons tous rêvé de créatures, parfois venues des étoiles…

Abyss, James Cameron, 1989

Quand un sous-marin américain coule dans l’Atlantique, une équipe de recherche et de récupération des États-Unis travaille avec l’équipage d’une plateforme pétrolière, faisant la course contre les navires soviétiques, pour retrouver le navire. Au fond de l’océan, ils rencontrent une nouvelle et mystérieuse espèce.

C’est le film parfois oublié de James Cameron (avec Piranha 3D, son premier long métrage mais passons vite à autre chose…). Dans ce film là, pas de soucoupe descendue du ciel. Tout se déroule… sous l’eau ! Les extraterrestres sont d’ailleurs longs à venir : le film se concentre surtout sur la situation de huis-clos oppressants entre les membres de l’équipage, coincés ensemble sous le poids de l’océan. Soumis à la pression physique et psychologique, les tensions apparaissent… Ce n’est que plus tard que le contact a lieu entre les deux formes de vie.

Suite à la menace nucléaire entre les blocs États-Unis et URSS, ils viennent nous demander d’arrêter de nous faire la guerre. Mi-menace, mi-avertissement pacifiste, leur message se veut aussi une proposition d’éducation afin de prévenir notre prochaine extinction.

Contact, Robert Zemeckis, 1997

Ellie Arroway est à la tête d’un programme d’écoute spatiale que la communauté scientifique ne prend absolument pas au sérieux, et qu’elle tente de sauver en permanence avec son équipe, dans l’espoir un jour de découvrir l’existence d’une forme de vie extraterrestre intelligente. Un jour, ils captent un message venu du système solaire de l’étoile Vega.

À l’origine, c’est un roman de l’écrivain et astronome Carl Sagan (que l’on vous recommande d’ailleurs de lire ! ), avant de devenir l’adaptation cinématographique de Robert Zemeckis. Ici, les extraterrestres nous envoie les plans d’un véhicule permettant de les rejoindre afin de les rencontrer. Le contact a bien lieu, mais pas de la façon à laquelle on s’attendrait. En effet, l’auteur Carl Sagan avait déjà conseillé à Stanley Kubrick de ne pas montrer en chair et en os les aliens dans 2001, et il l’a appliqué à sa propre oeuvre et fait respecter par Zemeckis.

La rencontre se fait par le biais d’images mentales, les extraterrestres prenant la forme d’un souvenir d’Ellie, car les voir en vrai serait un choc trop brutal pour l’esprit humain. Quant au reste de l’Humanité, ce premier contact établi est un sursaut, une préparation pour la suite, car comme nos voisins célestes nous le disent, il faut y aller pas à pas.

Premier Contact, Denis Villeneuve, 2016

Douze vaisseaux extraterrestres s’immobilisent sur toute la Terre. Une experte en linguistique comparée est engagée par les gouvernements pour établir un contact avec les aliens et découvrir leurs intentions…

Le principal atout de ce film — outre la sublime réalisation de Denis Villeneuve — est sa façon d’aborder le sujet : le langage. On a toujours créé des films où humains et extraterrestres se comprennent à peu près, par les mots ou par les gestes. Jusqu’ici, il était rare que la langue soit une barrière essentielle à surpasser. Au lieu de se concentrer sur la science brute, c’est la communication qui est au coeur de cette oeuvre. 

Toujours au coeur des films d’extraterrestres : le thème de l’Humanité et nos relations entre pays. Car c’est ce que reflètent les aliens : rien de plus que nous-mêmes. La barrière du langage et les tensions qui mènent à l’affrontement militaire font partie des problèmes qui ont secoué notre monde et notre espèce.

Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, vous nous donnerez des nouvelles de la fin, qui retourne l’esprit et le coeur… 

Autrefois, ils venaient surtout nous exterminer. Mais les aliens se sont vite vus devenir porteurs de messages pacifistes à notre encontre et d’impulsions à l’avancée de l’Humanité.

Malveillants comme bienveillants, les extraterrestres dans nos histoires servent avant tout à soulever les problèmes de notre espèce : la peur de l’autre, la tentative d’avertissement quant aux dangers de la guerre, l’importance de l’évolution.

Cette liste est non exhaustive, et bien d’autres films traitent de ce vaste sujet, sans malheureusement pouvoir répondre avec certitude à l’éternelle question : sommes-nous seuls dans l’Univers

#ExploCiné : Extraterrestre / Le monstre

#ExploCiné : Extraterrestre / Le monstre

Qu’ils soient la métaphore de tel ou tel gouvernement, idéologies ou simple moyen d’exorciser la peur de se faire exterminer, les extraterrestres sont avant tout la matérialisation de notre peur de l’autre. L’Autre est différent, déformé, monstrueux, menaçant, dangereux. Il prend maintes formes pour nous traquer, il se glisse dans des conduits ou investit nos corps.

Après avoir exploité les Universal Monsters (Dracula, Frankenstein, la Momie…) et les figures du fantastique, le cinéma d’épouvante s’est très vite emparé de ces nouveaux et redoutables antagonistes aux apparences et pouvoirs sans limites venus d’autres planètes. L’heure n’est plus aux créatures revenues d’entre les morts et les loups-garous, les années 50 voient apparaître la peur du nucléaire, la Conquête Spatiale qui ouvre de nouvelles portes sur des mondes inexplorés et enfin des méchants d’une toute autre nature. Qu’on tombe sur eux dans l’espace ou qu’ils viennent à nous sur Terre directement, leur but est sensiblement le même : nous détruire. À l’inverse des films d’action et de guerre, les films d’horreur préfèrent un extraterrestre plus ou moins unique, qui s’attaque à un petit groupe de personne ou une ville, plutôt qu’une armée contre une nation. 

Danger planétaire / The Blob, Irwin Yeaworth, 1958

Une météorite s’écrase sur Terre, près de la maison d’un vieil homme. Il s’approche de la curiosité, qui s’ouvre en deux et libère une masse gélatineuse rouge qui s’agglutine autour de son bras. Dans sa panique, le pauvre homme part en courant et se retrouve sur la route, rencontrant deux jeunes (Steve et Anne). Après avoir tenté de le libérer du « Blob » sans succès, ils décident de l’emmener chez le médecin..

Même s’il ne fait clairement plus aussi peur qu’à sa sortie, The Blob est aujourd’hui encore un film culte, typique de l’émergence du cinéma de genre. Tout comme la plupart des films sortis dans ces années là, le Blob est une métaphore de la peur de l’autre dans le contexte de Guerre Froide. Le choix du rouge peut autant être attribué à son apparenté avec le sang qu’au communisme. Ceci dit, à l’instar de L’invasion des profanateurs de sépultures, on pourrait avec le recul penser que l’alien maléfique n’est pas une métaphore de l’URSS mais du maccarthysme (système de censure américain anti-communiste).

The Blob a été extrêmement populaire à sa sortie parce qu’il était dans la veine de ces films où les adolescents étaient les héros, le plus souvent opposés à une autorité plus âgée qui refuse de les écouter et en subit les sinistres conséquences. En effet, dès le milieu des années 1950, la jeunesse américaine envahit les salles de cinéma et cherche à trouver des protagonistes qui lui ressemblent. Balayant ainsi le cinéma classique hollywoodien où les adultes prédominent, c’est toute une vague de films qui va virer de bord et donner les premiers rôles à de jeunes acteurs. 

En parallèle, l’avancée de la Conquête Spatiale et les premières affaires d’ufologie suscitent l’intérêt pour le spatial. S’emparant alors de cette source de menace éventuelle, le cinéma d’horreur réunit les deux tendances : des adolescents face à une créature venue de l’espace, et ça donne The Blob.

Solaris, Andreï Tarkovski, 1972

Le titre du livre d’origine de Stanislas Lem et de son adaptation filmique vient du nom de la planète autour de laquelle va se dérouler l’histoire. Elle est recouverte d’un océan qui pourrait s’avérer être une nouvelle forme de vie intelligente, une créature avec laquelle le contact est impossible malgré les nombreuses études scientifiques menées. Un psychologue, Kris Kelvin, connu pour ses recherches sur la planète, est envoyé sur la station qui orbite autour d’elle afin de répondre à un étrange message de son ancien professeur. Ce dernier s’y trouve avec les deux derniers scientifiques de la mission, et tous les trois accueillent le personnage dans une ambiance totalement paranoïaque. Dès sa première nuit dans le vaisseau, Kris tombe nez à nez avec sa femme qui s’est pourtant suicidé des années auparavant…

Solaris n’est pas un film d’épouvante à proprement parlé, et il ne vous effraiera pas autant que les grands classiques horrifiques. Cependant, c’est bel et bien une ambiance de thriller psychologique mêlée au genre de la science fiction que nous avons devant nous. La planète Solaris, réelle entité vivante, créée des copies conformes des êtres chers perdus de l’équipage. Sombrant peu à peu dans la folie et la paranoïa, les personnages se retrouvent à ne plus discerner le vrai du faux, et plus dangereux encore : à ne plus en avoir envie. Car quand une âme aimée revient d’entre les morts, même s’il s’agit d’une illusion, pourquoi ne pas s’en réjouir ? Pour les amateurs d’histoires d’extraterrestres et de science fiction un peu délirante, ce film est l’occasion de découvrir le cinéma du célèbre réalisateur russe Andreï Tarkovski.

Alien, Ridley Scott, 1979

À bord du cargo spatial Nostromo, l’équipage est tiré de son hibernation par l’ordinateur de bord qui a détecté un signal dans une planète voisine. Ils se rendent à la surface et découvre la carcasse d’un vaisseau avec à l’intérieur des milliers d’oeufs extraterrestres…

Comment peut-on parler d’extraterrestre et de film d’horreur sans mentionner le chef d’oeuvre du genre, Alien, de Ridley Scott ? On ne présente plus le Xénomorphe, créature sortie de l’imagination de l’artiste suisse H.R.Giger et du créateur d’effets spéciaux italien Carlo Rambaldi, cette espèce de reptile quasiment invincible a terrorisé des générations entières et fait sans doute partie des premières images que l’on a lorsqu’on entend le mot « alien ».

Ce qui a aussi fait le charme d’Alien, ce n’est pas seulement son antagoniste mythique, c’est aussi son héroïne principale : Ellen Ripley. Interprétée par Sigourney Weaver, cette femme badass a su devenir un personnage aussi culte que le film dans lequel elle évolue à une époque où les premiers rôles étaient réservés aux hommes. Aujourd’hui, on aime à redécouvrir Alien pour son ambiance lourde, son rythme maîtrisé et son univers vertigineux, avec le labyrinthe du Nostromo et l’horreur des créatures qui osent s’y infiltrer.

Et tant qu’à évoquer cet incontournable, autant se souvenir de ses deux premières suites : Aliens de James Cameron et Alien 3 de David Fincher. Chacun en va de son opinion quant à quelle suite est la meilleure, quelle suite est une honte infâme à l’oeuvre originale. Si les deux premières ont leur lot de défauts, la trilogie originelle d’Alien a ça d’intéressant : trois films liés par la même histoire, mais unique en leur genre. James Cameron a choisi d’attaquer l’inattaquable en le transformant davantage en film d’action, mettant plutôt en avant l’aspect badass d’Ellen Ripley et créant au passage la Mère Alien, ou Reine Alien, monstre magnifique et terrifiant. David Fincher, bien que la réalisation d’Alien 3 ait été une lente agonie, a su malgré tout livrer un film torturé, qui renoue avec le côté sombre et gore du premier en poussant les cursus et jouant avec des anti-héros. 

The Thing, John Carpenter, 1982

En Antarctique, une équipe de scientifique découvre la carcasse d’un vaisseau spatial extraterrestre enterrée sous la glace. Dans le roman écrit par John W.Campbell et sa première adaptation par Christian Nyby (1951), un cadavre inhumain est découvert, ramené à la base, et se révèle être vivant. L’équipe se rend vite compte que l’alien peut se cacher parmi eux : il peut copier l’apparence et la personnalité de n’importe quel humain ou animal…

Dans la seconde adaptation par John Carpenter, la créature d’un autre monde a déjà pris la forme d’un être vivant quand elle est ramenée à la base. Là où le premier film s’éloignait quelque peu de l’histoire originale, The Thing de 1982 la suit plutôt bien. Peu à peu, les têtes tombent, et la suspicion contamine les membres de l’équipe. La créature apparaît plusieurs fois sous sa « vraie » forme : entre deux métamorphoses, une masse de chairs écorchées et des traits déformés, monstrueux, dégoulinants de sang. Les effets spéciaux pratiques n’ont pas vieilli, pas plus que le rythme certes moins pressé que de nos jours.

Une raison de plus de redécouvrir ce huis-clos glacé et temple de la paranoïa ? Une bande son angoissante signée par le grand Ennio Morricone.

Predator, John McTiernan, 1987

Un vaisseau spatial d’origine inconnue largue une capsule qui s’écrase sur Terre, en Amérique centrale. Un officier des forces spéciales (joué par l’immortel Schwarzenegger) est envoyé dans la jungle sous prétexte d’un sauvetage… Mais il n’est en rien. Non seulement c’est pour une toute autre mission secrète qu’on l’a embarqué dans cet enfer, mais il ne s’attend pas à être confronté à une créature humanoïde meurtrière et invincible.

Aujourd’hui, et peut-être même à l’époque, Predator a pu faire sourire. Au départ, le pitch a tout du film d’action avec ses héros excessivement musclés armés jusqu’aux dents. Cependant, lorsque le Predator commence à décimer les membres de l’équipe envoyée dans cette jungle poisseuse, on s’engouffre dans un film sanglant. S’il a peut-être un peu mal vieilli aujourd’hui et n’effraie plus autant qu’avant, Predator reste un classique de film gore qu’on prend plaisir à découvrir ou re-découvrir, d’autant plus qu’il a quand même donné vie au célèbre et redoutable Predator, et sa tête de porte bonheur.

Le village des damnés, Wolf Rilla (1960) et John Carpenter (1995)

La petite bourgade de Midwich est témoin d’un étrange phénomène : d’un seul coup, tous ses habitants (humains comme animaux) s’évanouissent. Quelques heures plus tard tout rentre dans l’ordre, mais plusieurs semaines après l’événement une dizaine de femmes découvrent qu’elles sont enceintes. Lorsque les enfants viennent au monde, ils ont l’air normaux si on fait fi de leurs cheveux blancs comme neige et de leurs personnalités froides…

Initialement intitulé Les coucous de Midwich, le roman de John Wyndham publié en 1957 aura deux adaptations. La première en 1960, titrée Le village des damnés de Wolf Rilla, et la seconde de John Carpenter en 1995, portant le même nom. Le livre a depuis été réédité sous le même titre que les deux longs-métrages.

S’il s’agit d’un film d’invasion extraterrestre, il appartient néanmoins à la branche de l’épouvante grâce à son ambiance particulièrement anxiogène. En effet, ici pas de soucoupes volantes qui se battent avec l’armée mais une ribambelle d’enfants, beaux visages angéliques malgré l’insensibilité qui transparaît par leurs yeux. Les deux films montrent des parents désemparés par leur nature. Et même lorsqu’ils arrivent à admettre ce que leur progéniture est réellement, comment l’affronter ?

Les deux adaptations livrent des histoires loin des clichés du genre où l’alien est une abominable créature sur laquelle il est si facile de tirer. C’est encore plus pervers que The Thing ou L’invasion des profanateurs de sépultures où les extraterrestres prennent la forme d’humains adultes. Ici, la menace se cache derrière le visage de l’innocence.

En s’emparant de l’extraterrestre comme grand méchant de ses films, le cinéma d’horreur en a fait l’image de notre peur de l’autre. Il n’y a qu’à se rappeler l’étymologie du nom de l’un des plus terrorisant des aliens, le Xénomorphe : xéno, qui veut dire « étranger » en grec ancien pour comprendre que ces êtres sont tous des images de ce que nous redoutons chez les autres de notre espèce. Hideux monstres ou manipulateurs aux visages humains, les extraterrestres nous ont poursuivi dans des dédales de paranoïa et de hurlements en se servant de nos peurs les plus ancrées.

# ACTU : Gloomy eyes, pépite d’Arte 360°

# ACTU : Gloomy eyes, pépite d’Arte 360°

C’est grâce au  festival digital My French Film Festival que je vais pouvoir vous parler de mon coup de coeur du momoent. Mais avant un petit mot sur ce festival unique en son genre. D’abord, il est totalement digital et met en lumière le film francophone avec une sélection de courts et longs métrages. Par ailleurs, c’est la 10ème édition cette année. Il se déroule du 16 janvier au 16 février 2020 et vous pouvez y accéder via ce lien : https://www.myfrenchfilmfestival.com/fr/

Les visionnages sont gratuits pendant toute la durée du festival et vous pouvez même voter pour vos films favoris. En effet, trois prix sont alors décernés : le prix du jury, le prix du public et le prix de la presse internationale. Lors de mes visionnages j’ai pu découvrir trois court-métrages en collaboration avec Arte. Ces derniers sont des films qui relatent les coulisses de trois tableaux connus (Le Cri de Munch, L’île des morts de Böcklin et Un Bar au Folies Bergères de Manet) en transportant le spectateur dans une expérience immersive car en vidéo à 360° et disponible, pour certains, sur Steam (une plateforme de téléchargement de jeux vidéos) afin d’expérimenter même la VR. La VR est ce procédé par lequel on créer une copie d’un monde réel mais en format virtuel. La création d’objets, de lieux etc. en 3D est un élément de ce procédé mais la VR se veut très immersive notamment jusqu’à suivre les mouvements du protagoniste et alors adapter le monde en fonction de ceux-ci. Très souvent la VR demande le port d’appareillage spécifique comme un casque. 

Je me suis alors demandé si Arte proposait d’autres programmes de la sorte. Et évidemment je n’ai pas été déçue. J’ai tout simplement cherché sur notre cher YouTube et je suis tout de suite tombée sur une mini série de trois épisodes sortie d’ailleurs quelques heures avant la rédaction de cet article mi-février. Cette mini série est intitulée Gloomy Eyes. L’illustration de la vidéo a un design très cartoonesque mais avec un esprit (attention) “gloomy”, c’est-à-dire un peu sinistre. Mais ça a piqué ma curiosité et j’ai donc décidé de cliquer sur la première vidéo.

Et là, c’était fini, j’étais accro. Les vidéos durent entre 7 et 15 minutes, ce qui est très court d’autant plus que ce sont des vidéos de très belle qualité. 

L’histoire est très simple : la terre est plongée dans les ténèbres pour une période indéfinie alors que l’humanité est divisé entre ce qu’il reste d’humains et de l’autre côté des zombies. Dans ce fabuleux monde vivent nos deux personnages principaux Nina, une humaine et Gloomy, un zombie, qui a des yeux qui brillent. Ces deux enfants vont se rencontrer et vouloir profiter de leur belle amitié voire amour. Évidemment, pas besoin de préciser que tout ne va pas se passer comme prévu, mais ça, vous le verrez par vous même.

En tout cas, ces épisodes sont tellement poétiques, les personnages principaux sont trognons et on s’y attache très rapidement. L’ambiance est aussi fabuleuse. De préférence il faut regarder ses épisodes avec un appareillage VR mais rien qu’avec des écouteurs on peut déjà les apprécier à leur juste valeur. Le design est très soigné, volontairement sombre, on cherche les couleurs et les lumières qui sont utilisés avec parcimonie et c’est ce qui fait la force du projet. Je trouve également que le narrateur, Tahir Rahim (Le Prophète) est très bon et cela participe à l‘ambiance générale. De plus, la fonction 360° est plutôt bien exploitée et on doit même l’utiliser afin de suivre les différents personnages dans les épisodes. Les angles et les mises en scènes sont très diversifiés, on ne s’ennuie pas et les transitions sont également très bien amenées. Bref, si vous voulez prendre une petite demi-heure pour vous aujourd’hui, n’hésitez plus et cliquez ici pour le premier petit chef d’oeuvre.

A défaut d’attendre que quelqu’un mette des paillettes dans votre vie, prenez les choses en main et amenez-y un peu de poésie et de lumière.

#ACTU : 10 faits à savoir sur Spike Lee

#ACTU : 10 faits à savoir sur Spike Lee

Thierry Frémaux l’a annoncé ce matin: Spike Lee sera le président du jury pour l’édition 2020 du Festival de Cannes qui se tiendra du 12 au 23 mai prochain. Absent des projecteurs depuis 27 ans, le réalisateur, scénariste et producteur a beaucoup fait parlé de lui ces deux dernières années avec le poignant Blackkklansman. Qui est Spike Lee et pourquoi sa nomination produit un tel impact ? Voici quelques éléments de réponse.

1. Shelton Jackson Lee, dit Spike Lee, est né à Atlanta (Géorgie, USA), le 20 mars 1957. Il fut élevé à Fort Greene dans l’arrondissement de Brooklyn à New York.

2. Spike Lee est le premier président noir du jury cannois et plus généralement d’un grand festival de cinéma. D’autres personnalités de la diaspora africaine ont déjà été membres de ce même jury comme l’acteur Will Smith en 2017. C’est la première fois, cependant, qu’il sera présidé par un représentant de la communauté noire.

3. Son premier long métrage Nola Darling n’en fait qu’à sa tête (She’s Gotta Have It) fut présenté à la Quinzaine des réalisateurs de 1986. Il raconte une portion de la vie d’une jeune femme et de ses relations amoureuses (mais pas que) desquelles elle parle librement et notamment de son hésitation entre trois amants. Il sera adapté en série, trente ans plus tard, par Netflix notamment en raison de son rôle de précurseur auprès de la cause féministe.

4. Spike a présenté 7 de ses films au Festival de Cannes dans diverses catégories. Do the Right Thing (1989), Jungle Fever (1991), Girl 6 (1996), Summer of Sam (1999) et Ten Minutes Older (2002) et reçoit en 2018 le Grand Prix pour Blackkklansman.

5. Il a explosé au début des années 90 avec Do The Right Thing. Le film porte à l’écran une journée dans le célèbre quartier de Brooklyn (NY, USA) mais surtout casse avec beaucoup d’humour et de bon sens les préjugés du racisme ordinaire. Ce sera la première fois qu’une émeute à caractère racial est montrée sur grand écran.

6. Spike Lee c’est un cinéma engagé et surtout frontal comme son réalisateur qui n’hésite pas à faire savoir son avis de manière claire. Sa tentative de sortie remarquée du Dolby Theatre après la victoire pour l’Oscar 2019 du meilleur film par Green Book en est un exemple. Lee est connu pour ses clashs violents. Il a notamment épinglé Q.Tarantino pour sa représentation de la culture noire et son utilisation trop fréquente du terme “nègre”. Il a notamment déclaré ne pas vouloir voir Django Unchained (2013) en ce qu’il est un “manque de respect pour (ses) ancêtres” car “l’esclavage américain n’était pas un western spaghetti de Sergio Leone. C’était un holocauste.

7. Le réalisateur revendique son droit de travailler librement et va, pour ce faire, fonder sa propre entreprise de production en 1978. 40 Acres and a Mule Filmworks se nomme ainsi en référence au Special Field Order 15 lequel promettait d’offrir des terres aux ex esclaves au moment du passage du 13e amendement en 1865. Terre qui fut rendue à ses précédents propriétaires à la mort de Lincoln. L’entreprise est toujours en activité.

8. Spike Lee était très ami avec le musicien Prince. Il s’est d’ailleurs rendu à la cérémonie des Oscars 2019 tout de violet vêtu en hommage à la superstar disparue en 2016. La BO de Blackkkansman contient d’ailleurs un titre unreleased du chanteur.

9. Il est admiratif du travail de Michael Jackson et il est le réalisateur du clip de They Don’t Care About Us (1996).

10. Grand fan des Knicks de New York, il participe au scénario du jeu vidéo NBA 2k16 sorti le 29 septembre 2015 sur consoles, PC, iOS et Androïd.

Spike Lee c’est une énergie folle ! Beaucoup de colère, bien sûr, mais aussi beaucoup d’humour. C’est d’ailleurs ce savant mélange de fervent militantisme et de punchlines toujours justes qui font de ses oeuvres tellement plus que de simple pamphlets militants. Black Panthers(2018), Get out (2017), US (Jordan Peele, 2020)… autant de productions qui ont pu voir le jour (ou plutôt les projecteurs) grâce au travail de Spike Lee. Le cinéma noir par les noirs fait, en effet, de plus en plus parler de lui. Des oeuvres moins polémiques, certes, mais qui ont vocation à s’étendre à tous les publics. On murmure, d’ailleurs, que Lee aurait un projet en cours avec Chadewick Boseman, l’acteur principal de Black Panthers (2018). Ce printemps, Spike Lee et son jury désigneront le successeur de Parasite (Boog Joon ho, 2019) pour la Palme d’or. Nul doute qu’il s’agit de la promesse de moments forts pour le cinéma tant artistiquement que politiquement.

# SpoilerActu: Pourquoi je n’irai pas voir le prochain Star Wars

# SpoilerActu: Pourquoi je n’irai pas voir le prochain Star Wars

Le dernier trailer de la saga Star Wars : Star Wars IX: L’Ascension de Skywalker a été présenté lors de la D23 (23 août 2019 – 26 août 2019), la convention de Disney. Ce trailer est l’occasion de faire un retour sur la série et de son évolution depuis le rachat de la licence par Disney. Surtout depuis le départ de notre regretté Georges LUCAS de la saga qu’il a forgé.

C’est quoi un bon Star Wars ?

Ce qui fait la marque de Star Wars, c’est avant tout une narration universelle et l’application d’une technologie innovante. 

Placé au cœur de sa réflexion le chemin du héros, entre jeunesse et maturité, reprend les plus grandes odyssées à son compte. Nombreuses sont les influences et les figures utilisées dans Star Wars. Elles sont, par exemple, tirées de la mythologie gréco-romaine avec la figure du père à défier pour le dépasser tel un Oedipe moderne, ou bien de l’univers japonais avec la figure du samouraï pour Dark Vador. Cela donne une valeur universelle au discours et une profondeur de lecture beaucoup plus percutante. 

Le récit s’inscrit toujours dans l’actualité de son époque et donne une lecture de notre environnement. La première trilogie, à savoir celle parue en premier (épisode IV, V et VI), nous replace dans le contexte de la Guerre Froide. L’Empire est une vision du communisme où les libertés individuelles sont interdites au profit d’un système politique dictatorial. L’économie est tourné vers les machines de guerre, toujours plus puissante au détriment du peuple, pauvre et affamé qui entraîne une augmentation de la criminalité. Les rebelles sont les libérateurs de cette injustice en faisant la promotion de l’individu comme maître de son destin. Une figure appuyée par le fait que seuls les rebelles soient identifiables individuellement, les stormtroopers portant tous le même casque. La seconde trilogie (épisode I, II et III) nous raconte l’ascension d’un politicien jusqu’au sommet de l’Etat grâce à des manoeuvres politiques douteuses voir illégales. Le Sénat est vide de sens et de pouvoir, corrompu par des lobbyistes qui entraîne la chute de la démocratie. Une critique de la politique américaine à cette époque (Bush, 11 septembre 2001).

Les évolutions technologiques étaient également au cœur de la démarche de Georges LUCAS et de ses équipes. Le réalisateur a ainsi toujours voulu fournir les plus belles images afin de créer un univers le plus réaliste possible. A tel point qu’il fait, dans les années 2000, une réédition des 3 premiers films avec des effets numériques inédits. Et il est vrai qu’il nous amène à chaque fois dans les étoiles.

En complément, une fois n’est pas coutume, voici l’émission de radio de France Inter Si l’Amérique m’était contée :  L’Empire Star Wars – Sabres Laser, Etoile noire et dollars. Il faut préciser qu’à l’époque de l’enregistrement il n’y avait que deux trilogies :

https://www.franceinter.fr/emissions/si-l-amerique-m-etait-contee/si-l-amerique-m-etait-contee-12-avril-2014

La nouvelle génération et l’exception Rogue One

Les œuvres qui ont été créé après la cession de Lucasfilm à Disney n’ont pas permis de retrouver une telle qualité narrative et technique. Il existe cependant une exception à cette offense, Rogue One. Il s’agit du premier spin off de la série (qui ne retrace pas les aventure de la famille Skywalker). L’histoire prend place juste avant le IVème film (donc le premier film à sortir sur grand écran en 1977) et décrit comment les rebelles ont réussi à récupérer les plans de l’Etoile Noire. Une aventure plus sombre mais qui a su retranscrire ce qu’était un bon Star Wars. Le film n‘est pas parfait mais l’on y retrouve une histoire qui sait s’inscrire dans notre temps. En effet la rébellion est une lecture froide du conflit contre les puissances politiques et entrepreneuriales. Une envie de rébellion et de changement que l’on sent dans notre actualité.

Les images sont également d’une beauté à couper le souffle. Ce que l’on retrouve également dans les derniers Star Wars il faut le dire. Les capacités techniques qui sont déployées dans Rogue One pour recréer les personnage de Tarkin et de la princesse Leia sont bluffantes à tel point que l’on se demande pendant tout le film si ce ne sont pas des rushes des premiers films. On y retrouve alors un récit sombre mais qui donne de l’espoir et des images marquantes comme la poursuite de Dark Vador dans le vaisseau de Leila qui saura mouiller toutes les moustaches. A must-see !

Rogue One rend hommage aux premiers films de la saga dans la construction de son univers sale mais réaliste. On pense notamment au marché de Jakku qui rappelle la crasse de Tatooine. Un aspect documentaire qui donne une crédibilité au discours bien loin du classique de la SF à l’époque avec ses lignes parfaites synonyme de progrès. Le film ne se perd cependant jamais dans un copié collé des premiers volets. Ils gardent, en effet, une identité propre. C’est ce que n’a pas réussi à faire la troisième trilogie et le spin off autour du personnage de Han SOLO.

Pour les deux premiers films de la dernière trilogie, il s’agit d’un remake des premiers mais sans aucune originalité et dans une déconstruction du discours des premiers qui n’apporte rien à l’univers. Ils passent dans une démesure propre à ceux qui n’ont pas l’inspiration et le talent pour hériter d’un tel monument. L’Etoile noire devient Starkiller, et donc 10 fois plus grosse, l’empereur devient Snog et la Force nous fait tomber du côté lumineux et non du côté obscur. Une mise en abîme et un gigantisme inintéressant qui bafoue l’œuvre originale. Hormis de belles images, il n’y a aucun progrès technique tel que ce fut le cas avec Star Wars II, le premier film a avoir été tourné entièrement en numérique. Il n’y a même parfois aucun sens aux situations à tel point que la destruction de la flotte par un vaisseau dans l’hyperespace dans le dernier film en date remet en question la logique même des combats dans l’espace. Si un vaisseau est capable de détruire une flotte en fonçant sur elle lors d’un saut dans l’hyperespace, il n’y a donc aucune raison de s’affronter dans des conflits spatiaux gigantesques. 

Le spin off SOLO, quant à lui, pourrait être résumé ainsi « ils nous montrent ce que l’on ne voulait pas voir ». La part de mystère d’Han SOLO permet de créer la profondeur et la complexité du personnage. Nous montrer son histoire en reprenant toutes les petites phrases qu’il a pu dire dans les films du genre « Le raid de Kessel en 12 parsecs », n’a d’autre intérêt que de vider le personnage de sa substance. Un défaut majeur dans le film qui perd alors le spectateur non initié car le film est vide si l’on ne connaît pas les références. Cela est particulièrement visible dans la dernière scène du film qui ne parlera qu’à ceux qui ont suivi la série animé Star Wars : The Clone Wars.

Star Wars IX

Star Wars IX sortira en décembre prochain et nous a déjà proposé deux trailers. Dont voici le premier:

Le deuxième trailer, quant à lui, nous montre tout d’abord des scènes des autres films pour nous indiquer qu’il s’agit du film clôturant la série des Skywalker. Une approche intéressante car elle nous indique la fin définitive d’un arc tout en nous remémorant les scènes les plus marquantes des trois trilogies. La voie qui nous guide pendant cette remontée fulgurante dans le temps est Luke SKYWALKER. Il souligne les images nous précisant qu’il s’agit de la fin et du dernier combat. La suite du trailer fait apparaître les personnages principaux de la saga actuelle, Rey et sa petite bande ainsi que la princesse Leia. La scène permet alors de recentrer l’action sur les personnages de la dernière trilogie.

L’arrivé à l’écran de plusieurs vaisseaux et d’une armada qui remplit alors le ciel nous montre un conflit en approche dans un gigantisme propre aux derniers films. C3PO a les yeux rouges et un laser tiré depuis l’espace déchire le sol, puis Rey apparaît en pleine démonstration de ses pouvoirs. La guerre approche, le dénouement ! Puis c’est la voix de l’empereur qui monte sur le bruit du sabre laser de Kylo Ren. Il nous indique également que le conflit arrive à son terme. Le bien et le mal s’affrontent de nouveau dans un combat au sabre laser. La scène de fin arrive comme un choc, Rey dans une tenue obscure, un sabre laser rouge !

Le trailer est bien construit et le retour de l’Empereur est alors inévitable. Nous nous y attendions depuis le dernier trailer de Star Wars IX. Cela nous confirme que l’originalité ne sera pas de mise dans ce dernier volet. La présence d’une Rey obscure à la fin du trailer, également, le confirme. Le service marketing adore décidément inverser les rôles entre lumière et ténèbre. Le gigantisme est de nouveau de mise. On peut donc s’attendre à une suite digne des deux premiers films : sans histoire bien construite ou qui nous parle. On ne retrouve pas non plus la présence d’une technologie bien utilisé qui nous immerger davantage dans cet univers avec un effet Whaooo.

Peut-être faudra-t-il attendre les séries sur Les Mandaloriens (avec comme personnage principal Boba Fett et qui est prévu pour le 12 novembre 2019), sur Obi wan et peut être même sur Dark Maul pour connaître un renouveau dans l’univers de Star Wars. En attendant, comme un acte citoyen, je n’irais pas voir le prochain film. Il s’agit de crier haut et fort que l’on veut moins de personnages qui ne servent qu’à vendre des peluches mais une vraie histoire qui ne fera qu’étendre l’influence de ce merveilleux univers Star Wars. En attendant on peut toujours se plonger dans les livres et autres support de l’univers étendu, les jeux vidéo entre autres.